iPad : test détaillé et avis de geek

iPad : test détaillé et avis de geek

L’iPad est disponible aux Etats-Unis depuis le 3 avril et dès le premier jour, la tablette tactile d’Apple s’est vendu comme du petit pain. Présenté comme l’ordinateur de demain, nous avons réussi à mettre la main sur un exemplaire de l’iPad pour vous livrer notre avis complet après cinq jours d’utilisation intensive. Verdict !

La découverte

Lorsque l’on a entre les mains un iPad fraichement sorti du stock d’Apple, on a qu’une seule envie, le sortir de sa boîte et s’amuser avec. Et bien non… il faut le connecter à iTunes pour l’activer. « Apple, briseur de rêves ! ». Pour devenir l’ordinateur de demain, il faut déjà être indépendant, mais ce n’est pas dans la politique de la firme de Cupertino. Comme pour l’iPod et l’iPhone, tout passe par iTunes, la porte d’entrée de l’éco-système d’Apple. Et une fois franchie, c’est difficile de faire marche arrière.

Une fois cette frustration passée, on déballe le produit de la boîte qui laisse un petit goût de « cheap ». A l’intérieur, on trouve l’iPad, le câble USB, la prise secteur (format US dans notre cas), un guide utilisateur minimaliste et c’est tout. Pas de protection, pas de petit chiffon pour nettoyer l’écran. Bien sur, il faudra acheter des accessoires pour le précieux. On vous recommande absolument l’acquisition du iPad Case (39$). Apple montre son engagement de constructeur green en proposant le manuel d’utilisation en téléchargement sur son site web, bon point.

La première chose à faire est de se connecter avec son compte iTunes. Disponible uniquement aux Etats-Unis pour le moment, il faut un compte iTunes US. A la première connexion sur iTunes Store, on vous propose de télécharger l’application iBooks (application de livres numériques). Si le service est disponible outre Atlantique, il y a un gros doute quant à sa présence en Europe pour des questions de droits. Par défaut, l’iPad n’intègre pas iBooks surement pour ses questions juridiques. On croise les doigts qu’une solution soit trouvée car le service est très bien fait.

iBooks, le décollage du livre numérique ?

Amazon propose depuis quelques temps son Kindle et cela marche bien. Le jour de Noël, Amazon a déclaré que le Kindle était le produit le plus vendu mais sans pour autant préciser le nombre exact de ventes. Il est clair que nous entrons dans une nouvelle ère de la lecture, on passe du papier au digital. Amazon est l’un des vecteurs ainsi que les nombreux constructeurs qui proposent un lecteur de livre numérique (ebook) comme nous l’avons vu au CES de Las Vegas. L’arrivée de l’iPad et du service iBooks, l’essor de ce marché risque de prendre encore plus d’importance.

Une fois téléchargée et installée (avec le livre Winnie l’Ourson par défaut), l’application iBooks vous propose de vous connecter au iBooks Store pour acheter des livres. Certains sont gratuits et permettent de se faire une idée du service. La présentation de la bibliothèque est sympa et essaie de reproduire la réalité. On ouvre un livre et c’est parti pour la lecture !

Présentation de la bibliothèque de livres stockés sur l’iPad soit avec les couvertures (très visuel) soit en mode liste.

Un livre numérique coûte entre 2,99$ et 14,99$ (prix constatés par nos soins). Comme sur iTunes, on retrouve les produits à la une (featured), les catégories et le top des ventes. La présentation est soignée et efficace, ça donne envie.

On retrouve également tous les achats effectués, gratuits ou payants, ainsi que la sélection du New York Times ou du Ophrah’s Book Club (plus de deux millions de membres). En France, je verrai bien une sélection France Loisirs qui est surement le plus grand club de livres.

Le livre numérique Winnie l’Ourson avec la couverture en mode portrait (affichage de 1 page) et le début du livre en mode paysage (affichage de 2 pages).

Avec un appui long, on peut avoir la loupe et sélectionner des parties de texte. Un menu contextuel apparaît et permet une recherche dans le dictionnaire, de placer un signet ou de rechercher dans le livre, sur Google ou Wikipedia. Typiquement, c’est ce type de fonctionnalités que n’offre pas un livre classique qui permettra de faire comprendre aux gens l’intérêt du livre numérique.

Recherche dans le livre, Google et Wikipédia.

La popup dictionnaire où on scrolle du bout du doigt.

Les points en bas de page représentent les pages du livre et permet un accès direct par un simple « clic ».

Possibilité d’ajuster la luminosité, d’agrandir la taille de la police et un accès à la recherche.

La table des matières du livre qui permet un accès et les signets que l’on ajoute au fil de la lecture.

Du bout du doigt, on tourne les pages du livre et on peut s’amuser avec en faisant un mouvement de va et vient. L’écran tactile est hyper réactif, c’est très agréable à « naviguer » dans le livre.

L’application iBooks est une réussite et tout a été très bien conçu pour répondre aux besoins des lecteurs. Le Kindle d’Amazon utilise la technologie e-ink (encre électronique) qui est uniquement en noir et blanc et est reposante pour les yeux. J’avais une crainte concernant l’iPad, mais après avoir lu plusieurs heures, et bien je n’ai pas eu mal aux yeux ni à la tête. Les illustrations en couleurs sont un plus pour l’iPad face à son concurrent, sans parler de l’interface utilisateur.

Safari, l’accès à tout Internet… ou presque

Dans son rôle de tablette multimédia, l’iPad intègre Safari le navigateur Internet made in Apple comme sur iPod et iPhone. Le chargement des pages est très rapide et le site Web s’adapte à la taille de l’écran. Il suffit de faire un « double tap » ou d’agrandir et rétrécir avec deux doigts grâce à l’écran tactile multi-points. On peut ouvrir jusqu’à neuf fenêtres dans Safari, après il faudra faire des choix :-).

Un point essentiel est l’absence de Flash. Si d’un côté Adobe fait des appels du pied à Apple, de l’autre côté la firme de Cupertino trouve une solution et fait un pied de nez à Flash. Avec l’arrivée de HTML5 et CSS3, nul besoin du plugin d’Adobe pour lire (essentiellement) les vidéos dans Safari. Apple a même fait une page dédiée des grands sites optimisés par l’iPad et remet uen couche sur HTML5. Le meilleur exemple est le site Vimeo qui offre des vidéos de qualité et a par conséquent adapté ses pages pour l’iPad. Le résultat est parfait et pour l’utilisateur c’est complétement transparent. En revanche, si le site n’est pas optimisé et qu’il y a des éléments en Flash, et bien vous ne verrez rien. Donc Safari offre un accès quasi complet à Internet, la balle est dans le camp des développeurs pour adapter leur site et non dans celui d’Apple qui (très certainement) n’intégrera jamais Flash dans son OS.

Lors de la lecture d’une vidéo, il suffit de « pincher » de l’intérieur vers l’extérieur sur la vidéo pour passer en plein écran et inversement (extérieur vers intérieur) pour revenir au lecteur par défaut. C’est fluide et intuitif. On peut également placer des signets sur le springboard pour un accès rapide à vos sites favoris.

Photos ou l’iPad en cadre photo numérique

L’iPad est un super lecteur de photos et il y a des nouveautés par rapport à l’iPhone. On peut organiser ses photos par dossiers et quand on clique sur l’un d’eux on accède aux clichés. On peut faire pivoter l’iPad pour passer du mode portrait au mode paysage, zoomer/dézoomer grâce aux multi-points et utiliser la photo pour la mettre en fond d’écran ou l’envoyer par email. Un diaporama est paramétrable en choisissant la musique et le type de transition à appliquer. Sympa pour présenter ses photos au retour d’un voyage par exemple. En bas de page, on visualise l’ensemble des photos et par un simple effleurement du doigt on peut les faire défiler et accéder à la photo de son choix, très pratique.

Le principe du « pinch » (comme dans Safari et les vidéos) s’applique dans le lecteur de photos. Quand on visualise une photo, on « pinche » de l’extérieur vers l’intérieur et cela nous fait revenir dans la mosaïque des photos et si on le refait une fois, on sort du dossier. Apple propose une navigation du bout des doigts simple et ergonomique.

Les détracteurs de l’iPad disent qu’il s’agit d’un cadre photo numérique de luxe. Apple a mis en place cette fonctionnalité pour faire un petit clin d’oeil à la critique mais aussi pour offrir une vraie fonctionnalités. Et c’est réussi car l’écran est superbe. Quand l’iPad est en veille, on appuie sur le bouton « home », et à côté de la barre de déverrouillage il y a une icône avec une petite fleur. On appuie dessus et l’iPad devient un cadre photo numérique :-).

iPod, la musique en format XXL

L’iPad intègre la fonctionnalité iPod et on retrouve toutes les options comme sur l’iPhone. Musique, podcast, livres audio, et filtre par morceaux, artistes, genres, albums,… Sur le grand écran de l’iPad, on aurait aimé avoir le coverflow, mais non, il n’y a pas cette fonction ! Pourquoi Steve ?! Tout le reste est très classique, c’est un iPod mais au format XXL. Point très positif pour la lecture de podcast et vidéos en HD. J’imagine très bien l’utilisation de l’iPad en avion pour regarder ses propres vidéos et sur un écran digne de ce nom. Apple n’a pas jugé bon de mettre un casque audio dans la boîte de l’iPad, même si on sait que celui fourni avec l’iPod n’est pas top. A ce prix, il y a un minimum à fournir.

L’interface iPod sur iPad. Exit le coverflow, ici on a une présentation sous forme de liste. Gros point noir de la partie iPod !

Mail, restez connectés avec vos amis

Fonctionnalité classique que l’on a déjà sur iPhone, à un petit détail près, la présentation. On peut synchroniser un compte Exchange, mobile me, Gmail, Yahoo ! Mail, AOL ou d’un autre fournisseur (il faut avoir les infos techniques).

En mode paysage, la barre de la boîte email se trouve sur la gauche et « accrochée » à l’interface. En mode portait, cette barre apparaît comme un couche par dessus le contenu (email) et on navigue dans les options de cette manière. Apple a optimisé l’affichage en fonction du mode d’inclinaison de l’iPad. Une très bonne idée.

Toutes les possibilités de compte de messagerie à synchroniser sur iPad.

La messagerie en mode paysage.

Email au format HTML et en mode portrait. WoW c’est grand 🙂

Le clavier virtuel, un compagnon de saisie ?

Quand on parle tout tactile, il faut penser au moyen de saisie. Apple avec l’iPhone nous a montré que cela n’était pas un souci et le résultat est convaincant. Bis repetita avec l’iPad, le clavier virtuel est tout simplement génial. En mode paysage, ce sont des grosses touches qui font office de clavier et permettent une saisie à deux mains, comme un clavier physique. Lorsque l’on pivote l’iPad, on obtient des touches plus petites mais cela reste largement utilisable sans faute de frappe. Lorsque l’iPad n’est pas posé sur un support comme les genoux (comme lors de la présentation de Steve Jobs), la saisie devient fatiguante au bout de quelques minutes car on a tout de même 700 grammes à bout de bras. Pour résumer, excellent clavier virtuel mais avec une forte recommandation d’utilisation avec un support.

Le clavier virtuel en mode paysage et ses énormes touches. Le même clavier en mode portrait et des touches plus petites mais toujours aussi efficace pour la saisie.

Les applications, véritable clé du succès

Apple a créé un éco-système qui marche (plus de 4 milliards de téléchargement à date) et qui suscite la jalousie de ses concurrents. Au lancement de l’iPad, l’App Store propose 185 000 applications aussi futiles que pratiques, il y en a pour tout le monde. Pour l’iPad il y a 3 500 applications dédiées et optimisées. Pour le consommateur, c’est un énorme choix qui s’offre à lui et c’est sur ce point qu’Apple veut séduire… et ça marche. En quelques jours, plus de 3,5 millions de téléchargements ont été effectués et plus de 600 000  livres numériques ont été acquis. Chaque jour, de nouvelles applications viennent enrichir l’App Store et Apple en propose toujours plus pour ses clients. Totalement successful !

De nombreux médias ont bien compris le positionnement de l’iPad et de son utilité pour trouver un nouveau business model. Les grands quotidiens américains proposent une application optimisée iPad et c’est très réussi. Voici deux exemples, USA Today et The Wall Street Journal.

USA Today

The Wall Street Journal

Dans la lignée du service iBooks, Marvel propose une application de comics tout simplement génialissime et qui fait plaisir à un geek 🙂 Une fois téléchargée, l’application Marvel Comics donne accès à un store maison pour acheter des comics et certains sont proposés gratuitement. On ouvre le comics et on navigue entre les pages par un simple glissé du doigt sur l’écran de l’iPad. On visualise une page par une page mais en double tapotant sur une vignette, celle-ci grossit et on la voit mieux. On se laisse aller dans l’histoire toujours avec un simple glissé et le focus est fait sur la vignette ou même un élément. Bref, une application à posséder absolument !

L’iPad propose des jeux et nous avons testé quelques uns. Casual gaming comme Uno, course de voitures utilisant l’accéléromètre de l’iPad comme ASphalt 5 HD ou encore un jeu de sport comme Let’s Golf HD. Pour Asphalt 5 HD, comme il faut tenir l’iPad entre les mains et le tourner sans arrêt, c’est un petit peu fatiguant après plusieurs dizaines minutes de jeu. Mais, on se laisse prendre au jeu et c’est vraiment réussi. Apple vient chasser sur le terrain des consoles portables (Sony PSP, Nintendo DSi) et le fait plutôt avec brio. L’iPad est aussi une console de jeu 🙂

Les choses à savoir

Lors de la présentation de l’iPad, Steve Jobs a précisé que les applications iPhone fonctionneront sur l’iPad, une sorte de « rétro-compatibilité », avec la possibilité de les adapter à la taille de l’iPad. On trouve donc un bouton x2 mais le résultat est pas très qualitatif. L’image est pixelisée et peut faire mal aux yeux. Quelques exemples d’applications iPhone en mode x2 et le résultat en mode x1, ça fait tout petit.

L’écran de l’iPad permet de le regarder à un angle de 180 degrés ce qui est utile lorsque l’on veut partager du contenus avec des amis. Quand il y a peu de lumière, la luminosité s’adapte automatiquement et c’est la même chose en extérieur en plein soleil. Nous avons fait le test avec un grand soleil et la personne qui regarde l’écran de l’iPad bien en face voit sans problème. En revanche, lorsque l’on se trouve sur le côté on voit les reflets et les traces de doigts. Ah les traces de doigts, véritable cauchemar de l’iPad ! Lorsque l’écran est éteint on pourrait presque jouer aux experts 🙂 Il faut le savoir, l’iPad marque et il faudra l’astiquer pour lui rendre son aspect tout propre.

L’iPad intègre le Bluetooth mais uniquement pour la partie audio. Exit le transfert de fichiers ou tout autre utilisation du Bluetooth. Nous avons testé avec le casque Bluetooth Koss Cobalt KBT1 et cela fonctionne très bien.

Sur la tranche droite de l’iPad il y a un petit switch qui permet de bloquer la rotation de l’écran quand on le pivote. Fort pratique pour éviter des basculements intempestifs.

L’autonomie annoncée de l’iPad est de 10 heures pour la version Wi-Fi. Nous avons reçu notre exemplaire mardi à 16h et le niveau de charge de la batterie affichait 3% le mercredi soir vers 23h30. Pendant cette période, nous avons utilisé l’iPad de façon très intensive (synchronisation, vidéo HD, surf en Wi-Fi, jeux,…) pendant quasiment toute la journée. Donc, l’autonomie est conforme à la spécification technique et c’est un bon point. En revanche, on ne connait pas le nombre de rechargement possible avant le changement de la batterie (on parle d’environ 150$ pour le remplacement). Une recharge complète de la batterie dure près de 4h en branchant l’iPad sur le secteur. Normalement on peut recharger les produits Apple (iPhone, iPod) via le port USB de son ordinateur. Avec l’iPad il semblerait que ce ne soit pas le cas. En revanche, dans notre cas (utilisation Samsung X360) nous avons constaté une charge très lente, malgré la message « aucune recharge en cours ».

Verdict

L’iPad tient toutes ses promesses et est vraiment un produit de désir. Apple crée un nouveau segment de produit qui positionne l’iPad entre le smartphone et l’ordinateur portable. Il ne s’agit pas d’un vulgaire iPod Touch géant, ça serait réducteur pour un produit multimédia aussi complet. Personnellement, j’aurai besoin de la version Wi-Fi + 3G car je suis un hyper connecté et quand il n’y a pas de Wi-Fi et bien on se retrouve un peu bête.
L’iPad peut-il devenir l’ordinateur de demain ? Oui, je pense car il répond à de nombreux besoins et peu facilement faire oublier l’utilisation d’un netbook ou d’un laptop. Il faudra toujours un ordinateur principal pour activer l’iPad et aussi assurer la sauvegarde de ses données. C’est un compromis entre système fermé, sécurité et la qualité de service.

A l’annonce du produit, j’étais réticent mais plus la sortie approchait, plus il me donnait envie « de voir ». Cela fait une semaine que l’iPad est venu, j’ai vu et il m’a convaincu 🙂

[MAJ] Suite à vos commentaires/interrogations, voici quelques précisions.

La lecture des PDF est possible mais il faut utiliser des moyens détournés car iTunes ne permet pas de synchroniser les PDF. Personnellement, j’ai envoyé le document par mail et je l’ai ouvert en pièce jointe. On peut consulter le PDF en format portrait ou paysage et lorsqu’une zone est trop petite on peut zoomer dessus en double tapotant (la zone se formate à la taille de l’écran) et en utilisant le multitouch de l’iPad. On ne peut rien faire de plus, pas de sélection de texte. Voici 3 captures d’écran.