BlackBerry DevCon Europe : ce qu’il faut retenir

BlackBerry DevCon Europe : ce qu’il faut retenir

RIM (Research In Motion) tient à Amsterdam la première BlackBerry DevCon (Developer Conference) en Europe où plus de 2 000 participants sont venus pour entendre le discours du nouveau CEO, Thorsten Heins, découvrir les nouveautés et la stratégie BlackBerry.

Convaincre et séduire

Thorsten Heins, le nouveau et « jeune » CEO de RIM, communique quelques chiffres pour rassurer l’audience et montrer l’attrait de la marque. Il est également épaulé d’Alec Saunders, Vice President des relations développeurs, pour faire tomber des idées reçues et contredire de nombreux propos tenus par la presse américaine.

Plus de 180 millions de téléphones BlackBerry sont commercialisés dans le Monde et RIM reste très plébiscité au Royaume-Uni, aux Pays Bas, en Espagne, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Koweit et en Afrique du Sud.

Il y a 75 millions d’abonnés dans le Monde et la croissance annuelle ne cesse de progresser. En janvier 2012, plus de 2 milliards de téléchargements ont été effectués sur le BlackBerry App World et actuellement il y a en moyenne 6 millions de téléchargements journaliers. Chaque utilisateur télécharge en moyenne 30 applications. L’App World vient de passer la barre des 60 000 applications disponibles dans 164 markets. Pour finir, on apprend que le BlackBerry App World est le second « market » le plus rentable après celui d’Apple. Pour séduire l’audience, RIM annonce que 13% des développeurs BlackBerry ont gagné plus de 100 000$ grâce à leurs applications. Le message est clair « A vous de jouer les gars !« .

Vers l’infini et au-delà

RIM se concentre sur sa tablette, la PlayBook et mise beaucoup dessus. En effet, c’est le fer de lance du constructeur canadien, une sorte de « lab in vivo« . Tout ce qui se passe sur la PlayBook permet de voir ce que sera l’avenir et notamment BlackBerry 10.

Une nouvelle version du système d’exploitation, PlayBook OS 2.0, doit arriver avant la fin du mois, surement pour le Mobile World Congress. Cette nouvelle version intégrera (enfin) un client mail, un calendrier et un carnet d’adresses. Actuellement, pour bénéficier de son PIM, il faut avoir un smartphone BlackBerry et utiliser l’application BlackBerry Bridge.

Avec la mise à jour de l’OS, la version 2.0 de BlackBerry Bridge permettra de transformer son smartphone en véritable télécommande pour la PlayBook. A partir de son smartphone, on pourra taper du texte sur la tablette, naviguer dans les menus et même prendre une photo et la transférer. Une véritable interaction entre les deux produits. Comme sur Windows Phone Mango, PlayBook OS 2.0 permettra de centraliser les informations de ses amis à partir des flux de Twitter, Facebook et LinkedIn.

« Androidification » de BlackBerry

Lors du keynote, nous avons pu voir quelques démonstrations de BlackBerry 10, un savant mix entre BlackBerry OS et QNX. RIM renforce sa position sur son futur système d’exploitation et en profite pour faire des annonces avec notamment la collaboration avec Qt, le framework qui permet de développer des applications mobiles et sur différentes plate-formes. Ce framework bien connu des développeurs est utilisé sur Windows, Mac OS, Meego, Symbian, et bien d’autres.

Sur le papier, QNX semble très prometteur et offrira une expérience utilisateur visuelles et très agréables. En plus du développement natif (C / C++), les développeurs pourront intégrer des applications web (HTML 5, CSS3, javascript) et les faire interagir avec les applications natives, comme BBM Social Platform.

La démo de la galerie photo qui tourne sous Cascades est vraiment bluffante. Le premier smartphone tournant sous BlackBerry 10 devrait être le « London » (nom de code). On a hâte !

RIM espère séduire les développeurs Android en proposant des outils clé en main pour faire la conversion du format Android (.apk) vers le format BlackBerry (.bar). Un mini site a été mis en ligne pour assurer l’accompagnement des développeurs. RIM pousse le vice de ne pas faire payer le compte développeur contrairement à ses concurrents : 99$ par an chez Apple et Microsoft, 25$ chez Google.
L’opération séduction se poursuit avec la remise d’une tablette PlayBook aux développeurs Android qui proposeront leurs applications avant le 13 février. Une bonne stimulation de la communauté et surtout un très bon moyen de faire grossir son App World dans un délai très court.

Le message de RIM est très clair ! Le constructeur canadien est bien présent sur le marché quoi qu’en disent les détracteurs. Il innove, il est proche des développeurs et souhaite offrir la meilleure expérience utilisateur. Au Mobile World Congress qui se tiendra à Barcelone à la fin du mois, on devrait avoir plus d’informations sur la roadmap des produits. Mais tous ces efforts seront-ils suffisants pour exister sur un marché de plus en plus compétitif et innovant ? L’avenir nous le dira…