Tokyo Game Show 2012 : connectivité et social changent les règles du jeu

Tokyo Game Show 2012 : connectivité et social changent les règles du jeu

Nos collègues du bureau de Tokyo ont eu la chance d’assister au Tokyo Game Show, le grand salon japonais dédié aux jeux vidéo et nous propose un compte-rendu. Bonne lecture !

Tous les grands noms asiatiques résistent à la chaleur de la fin de l’été pour le grand rendez-vous mondial du jeu vidéo, qui se tient en ce moment à Makuhari dans la banlieue de Tokyo.

Smartphones et tablettes à l’assaut des consoles de salon
Il y a encore quelques années, les nouvelles consoles (PS3 ou Xbox 360) et les suites de grandes licences faisaient l’événement. Cette année cependant, les nouveaux jeux sociaux sur smartphones et tablettes dominent très largement le salon (plus de la moitié des titres présentés !). Pour preuve, le stand de la plateforme mobile Gree est aussi important que celui de Sony, et le développeur de jeux mobiles sociaux Gloops, quasi-inconnu l’an dernier, fait presque de l’ombre à celui de Sega.

Le Cloud, nouveau format pour le jeu
Le hardware a perdu de son importance par rapport au contenu, et diverses solutions de cloud gaming rendues possibles par des environnements de connectivité très haut-débit permettent de s’affranchir encore plus des contraintes techniques imposées par les spécifications du terminal client.
On retient en particulier G-Cluster, qui présente une Set Top Box (STB) pour cloud gaming, présentée comme une « console de jeu Wi-Fi ». Cette STB au format HDMI dongle, fabriquée par D-LINK, permet d’avoir accès au service de cloud gaming de la société, où plusieurs grands noms (dont Ubisoft) fournissent déjà du contenu. L’information n’est pas publique, mais la « console », sous Android, sortira début 2013 pour quelques dizaines de USD. La STB est contrôlable par une manette de jeu dédiée, ou via une application Android.

La connectivité fait évoluer les modèles économiques du jeu et le billing est le nouveau champ de bataille
Le modèle économique du jeu évolue pour profiter de la connectivité : le jeu n’est plus vendu « à l’unité » sur support physique ou virtuel (via appstores), c’est désormais le modèle du «social freemium » qui domine très largement le salon : commencer à jouer est gratuit, mais il faut payer pour obtenir des objets ou compétences virtuels pour progresser et battre ses amis connectés. C’est sur ce modèle que reposent les nouveaux géants du jeu. Contrôler le « billing » de ces objets est la clef du modèle, et plusieurs petites sociétés proposent des services de « billing unifié » recouvrant plusieurs plate-formes.

La connectivité sauvera-t-elle les consoles ?
Sony estime de son côté que la frontière entre les terminaux spécialisés pour le jeu (consoles) et les terminaux généralistes est artificielle. Le fabricant a présenté une nouvelle version de sa PS3 (lire notre article), et signe d’une prise d’importance de la connectivité, le disque dur de la console augmente de capacité pour permettre plus de téléchargements. Parallèlement, un vaste stand Xperia fait face au stand de Gree. La Wii U de Nintendo est une des grosses nouveautés du point de vue hardware, sans que les quelques stands où elle fait son apparition n’attirent les foules.

Ce qu’il faut retenir
Il convient de constater le rôle de plus en plus en retrait des opérateurs dans le monde du jeu par rapport au joueur, relégués au statut de simple tuyau d’information et d’outil pour distribuer le contenu et assurer la connectivité pour les jeux sociaux. Là où dans les années précédentes les opérateurs disposaient d’un stand, ils ne sont cette année que mentionnés.

L’opérateur n’est certes plus en première ligne, mais il est indispensable pour tous les jeux : le jeu social, toujours connecté, et le cloud gaming, ont besoin d’un opérateur pour exister… Le jeu sur console est en déclin, mais le marché du jeu social explose, l’opérateur dispose alors d’arguments solides pour s’assurer d’une partie des revenus générés par ce nouveau marché, auprès des joueurs et des fournisseurs de contenus :
– Qualité de services pour le cloud gaming (pour le joueur mais aussi le fournisseur)
– Ouverture du billing et d’une partie de la plateforme en général (pour le fournisseur)

A retenir :

  • Les smartphones et tablettes démocratisent le jeu pour tous
  • Le cloud gaming est bien là
  • Le « freemium » est à la base des nouveaux modèles économiques, maîtriser le billing est essentiel