Navigateur Nintendo DS Lite

Navigateur Nintendo DS Lite

Le géant de Kyoto propose un navigateur Internet pour la reine des consoles portables, la Nintendo DS. Disponible pour DS et DS Lite, Opera ouvre les portes de l’Internet en mobilité. Les 40€ de la cartouche sont-ils justifiés ? Verdict.

Annoncé en février dernier, Opera Software et Nintendo deviennent partenaires et le navigateur de la société norvégienne équipera la DS mais également la Wii. Cette annonce illustre la volonté d’Opera de s’orienter de plus en plus vers les systèmes embarqués.

Nintendo proposant deux modèles de la DS avec chacune ses spécificités, notamment au niveau du port d’extension GBA, il est donc logique de retrouver dans les étales deux packs « Navigateur DS Browser ». Le prix de vente est de 39,90€, une somme conséquente pour surfer sur le web. A l’heure du tout gratuit et du haut débit, il est légitime d’avoir un niveau d’exigence élevé.

Malheureusement, l’excitation est tout de suite freinée par une petite phrase située au dos de la boite « Formats non supportés : Flash, fichiers vidéo, audio, PDF et tout ce qui nécessite un module d’extension (plug-in)« . Ah zut, je ne vais pas pouvoir visualiser des vidéos sur Dailymotion, vraiment dommage. Outre la plaisanterie ironique, il est regretable de ne pas avoir un navigateur opérationnel (quasi) à 100%, surtout que la plupart des sites web sont développés en rich-media.
Soit, on continue et on lance le soft. A la première utilisation, on vous demande de personnaliser un mot de passe qui servira à verrouiller le navigateur, comprenez contrôle parental.
Par défaut, une page locale vous permet de lancer une recherche sur le web via le robot de Yahoo !, modifiable si on souhaite utiliser un autre search engine, et trois liens de démarrage. Bien sur il s’agit de liens vers le site de Nintendo, Opera et Astaro.

Avant de se lancer dans le surf acharné, il faut configurer sa connexion. Trois profils sont paramétrables très simplement. On lance une recherche d’un hotspot Wifi et dès que la console l’a trouvé il suffit de valider. Ensuite on lance un test de connexion pour s’assurer que tout est ok et nous voici prêt.

En bas de l’écran tactile sont situées différentes icônes : précédent, suivant, rafraichir, historique, url, favoris, rechercher, réglages, aide, mode général / mode SSR, activation/désactivation images, zoom, début/fin. Des options standards pour tout bon navigateur qui se respectent. Nous allons nous attarder sur certaines fonctionnalités.

L’icône URL permet de saisir sur un clavier virtuel l’adresse d’un site ou pour rester dans l’esprit de la console, on peut écrire les lettres à l’aide du stylet. Ah un peu de fun avec l’écran tactile… qui se révèle pas super au final. Le fait d’avoir deux cases de reconnaissance d’écriture et surtout que l’on puisse commencer par celle de droite puis gauche est très déconcertant. Pourquoi ne pas faire une seule zone ? Par contre, une fois la lettre reproduite, une page cornée s’affiche en dessous de la la lettre et permet de corriger en affichant les différentes lettres et symboles proches de la forme. Par exemple, si vous écrivez un « D », le système vous proposera un b et @. Bien vu pour ceux qui ne sont pas très familiers avec l’écriture avec le stylet.

L’icône « loupe » correspond à la recherche soit d’un mot dans la page soit sur le web (Yahoo ! par défaut, petit rappel pour ceux qui ne suivent pas). Si un mot ou un morceau de mot se trouve dans la page, la syntaxe est mise en surbrillance et il est possible de voir la suivante et bien sur de revenir en arrière. Dans le cas où aucun mot n’est présent dans la page, un message s’affiche en rouge « aucun résultat trouvé ».
La fonction réglages concerne plusieurs thèmes comme les pages web, l’interface utilisateur ou encore le réseau. Du classique qui se paramètre avec des cases à cocher ou des boutons radio.

Opera sur Nintendo DS permet un affichage classique des pages (mode général) ou mode optimisé pour les écrans de la console.
Dans le premier cas, la page est en full size, c’est à dire qu’il faut scroller dans tous les sens pour cliquer ou lire, pas super pratique. Mais une fonctionnalité très sympa permet de tempérer le côté fastidieux de la navigation, la loupe. Sur l’écran tactile on voit une partie de la page avec une rectangle que l’on peut déplacer à l’aide du stylet et qui affiche sur l’écran du haut la zone survolée. Cette dernière peut être agrandie ou rétrécie à l’aide de l’option zoom (50% à 150%). Si dans une zone vous voulez cliquer sur un lien, il faut switcher les écrans à l’aide de l’icône prévue à cet effet.
Dans le second cas, il s’agit du mode SSR pour Small Screen Rendering. L’affichage des pages se fait cette fois-ci sur les 2 écrans et le scroll se fait verticalement. Tous les éléments des pages se mettent les uns en dessous des autres. Le site consulté perd donc de son identité mais au final c’est ce mode qui est le plus ergonomique et pratique.
En appuyant sur L et R en même temps, on active la fonctionnalité de capture d’écran, uniquement en mode SSR. En appuyant sur les « gachettes » et A, on duplique le contenu de l’écran inférieur sur l’écran supérieur. Pratique si vous voulez conservez en lisibilté une partie d’un texte tout en continuant à scroller dans la page.

Pour finir, on a la possibilité de désactiver le chargement des images afin de gagner en temps d’affichage. Et là, on aborde un point très important; même avec une connexion en ADSL 2+ (Free) l’affichage est très très très lent. La première fois j’ai cru que la connexion n’était pas établie puis j’ai été télé-porté 10 ans en arrière avec les connexions RTC avec les débits que certains ont connu et je ne parle pas des factures France Telecom tous les deux mois, 2000 francs pour ma dernière facture avant de devenir béta testeur pour Mediareseaux (UPC-Noos maintenant). S’agit-il d’un problème inhérent au navigateur ? à la console ? aux deux ? Quoi qu’il en soit, cela ne donne pas vraiment envie de surfer depuis sa DS et c’est quand même dommage.

Points forts :
-accès à Internet en mobilité depuis sa console
-mode SSR
-capture d’écran

Points faibles :
-lenteur d’affichage
-navigation restreinte
-le prix !

Au final, Nintendo nous livre un navigateur web payant, restritif et qui n’incite pas à « consommer ». Lorsque l’on sait que 10% des connexions du réseau Ozone sont effectuées depuis une PSP, tout laisse imaginer que ce marché va croître et Nintendo peut aurait pu rafler quelques pourcentages. Les piétres performances d’Opera risquent de semer le doute chez les gamers avec l’arrivée de la Wii qui offrira également le même navigateur… toujours payant même si un offre de gratuité est offerte. Payer pour surfer, ça fait grincer les dents, surtout que la concurrence offre une solution gratuite. Copie à revoir pour la firme japonaise.

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