Au coeur de l’Imagine Cup 2012

Au coeur de l’Imagine Cup 2012

Depuis dix ans, Microsoft organise l’Imagine Cup, une compétition informatique réservée aux étudiants. Chaque année, une problématique est définie et les participants doivent faire travailler leur imagination pour créer des applications et des solutions pour y répondre. Pour l’édition 2012, le sujet posé était « Imaginez un monde où la technologie nous aide à répondre aux enjeux les plus cruciaux de notre société« . Mais comment ça se passe l’Imagine Cup ? Récit au coeur de la compétition.

L’Imagine Cup rassemble de nombreux acteurs et pas seulement des étudiants qui ont soif de challenge. Tout peut commencer au niveau de l’école. En effet, certains directeurs d’école imposent aux étudiants cette compétition comme le fait Laure Casalini de SupinfoGame à Valenciennes. Pour elle, cette compétition est l’occasion de mettre en avant l’école au niveau national mais également international. En effet, elle est à la recherche de talents étrangers pour étudier dans son école et l’Imagine Cup est donc un bon rayonnement en dehors de l’Hexagone. L’Imagine Cup peut également être une volonté d’un groupe d’étudiants qui veut se frotter à d’autres équipes, françaises et étrangères pour ceux qui ont la chance d’aller en finale mondiale. Mais avant d’arriver à l’ultime étape, il faut trouver l’idée du projet, le concevoir et le vendre à un jury.

L’équipe d’étudiants doit trouver un coach, un mentor pour les accompagner. Généralement, ce sont des professionnels qui donnent de leur temps pour soutenir les talents de demain ou qui trouve un arrangement avec les directeurs des écoles des équipes participantes. Yannick Nay et Boris Leduc (Directeur Ingesup Bordeaux et Ingesup Toulouse) accompagnent et s’investissent dans la compétition avec leurs étudiants. L’équipe Ecosia (ingésup Bordeaux) est soutenue par le mentor Fred Pedro, le directeur du studio Pohlm à Bordeaux. Il a déjà participé à l’Imagine Cup et il l’a même remporté avec le jeu Brain Energy. Pour lui, être mentor c’est de transmettre les astuces de la compétition, challenger l’équipe sur différents points, les motiver dans les moments de blues mais aussi pourquoi pas, de faire travailler les plus brillants. Chacun y trouve son compte. Microsoft organise également des bootcamp pendant des week-ends afin de faire répéter les équipes mais aussi de former des synergies entre chaque membre des équipes.

Chaque pays organise des sélections nationales avec un jury local constitué d’experts. Chaque équipe vient présenter son projet au cours d’un pitch, comme cela se fait pour les startups dans la Silicon Valley. En quelques minutes, les étudiants doivent convaincre, impressionner et montrer leur détermination. Le jury n’est pas là pour faire « semblant » puisque chaque pitch est jugé sur une vingtaine de critères avec des annotations pour chacun. Lors d’une finale nationale, les équipes finalistes sont déterminées et s’envolent pour la grande finale mondiale. Pour l’édition 2012, près de quatre cents participants se sont rassemblés à Sydney (Australie) pour remporter le titre. La France avait quatre équipes en compétition.

Un grand show à l’américaine de près de deux heures accueille les finalistes. C’est l’occasion de rappeler qu’ils font partis des meilleurs mondiaux et que d’être présents c’est déjà une victoire. Plusieurs dirigeants de Microsoft montent sur scène pour rappeler les enjeux de la compétition et féliciter le fomidable travail accompli par chacun. Pour être concret, Microsoft d’entoure de partenaires qui sont là pour apporter des « cash prize » et des dotations. Nokia a offert à tous les étudiants un Nokia Lumia 800 pour qu’ils puissent développer sur Windows Phone ou tout simplement profiter d’un bon smartphone. Un beau cadeau qui a stimulé les troupes ! Mais ce n’est pas tout. Lors du « World Festival » (cérémonie de remise des prix), Walid Abu-Hadba (big boss DPE Microsoft) a fait une annonce de choc : tous les participants à la finale de l’Imagine Cup recevront une machine Windows 8 au moment de la sortie (fin octobre). Personnellement, j’ai adoré l’intervention, lors de la cérémonie d’ouverture, de Jessica Watson. Cette gamine de seize ans a fait le tour de la planète en solitaire à bord de son bateau. Elle a fait une témoignage émouvant mais plein de positivisme et surtout avec un message très fort : « Allez au bout de vos rêves !« . Une fois gonflés à bloc, les étudiants peuvent attaquer la compétition qui se tient sur quatre jours.

Les équipes obtiennent leur horaire de passage devant un jury international pour chaque catégorie, et le stress commence à monter. Répétition de la présentation, peaufinement de l’application, entrainement au jeu des questions réponses, et également mise en place d’un stand pour le showcase. En parallèle des pitchs, un mini salon technologique est organisé et chaque équipe doit présenter son projet au public qui se présente. Un exercice différent et difficile mais qui est très formateur. Il y a trois sessions de showcase : une session pour la presse, une session réservée à des invités et une session pour le jury qui vient faire une prise en main et qui donne une note. Vient l’heure des premiers résultats et des premières éliminations.

En « software design » (la catégorie phare), cinquante deux équipes sont présentes et il en restera plsu que vingt après le premier verdict. L’équipe française de Cap Street a été éliminée. Grosse déception, c’est le coup de massue et les larmes coulent. C’est le jeu de la compétition, mais ça donne un coup au moral. Les trois autres équipes et le staff de Microsoft France sont là pour soutenir chaque candidat et les réconforter.

Dans la catégorie « game design Xbox Windows », l’équipe Nano (Supinfogame Valenciennes) a également été éliminée au premier tour. Dans le jury, il y avait Larry Hryb plus connu sous le pseudo de MajorNelson, le responsable Xbox Live chez Microsoft. A la fin de leur pitch, Nano a déclaré qu’ils étaient designer et non développeur. Ils ont appris à coder au cours du projet ! Rires et applaudissements du jury. Ce fait rigolo montre la détermination et la volonté des étudiants dans leur projet.

En « game design Windows Phone », les équipes de Swifteam et Ecosia ont passé le premier tour pour se retrouver dans la dernière ligne droite. Finalement, Ecosia remporte la seconde place et repart avec un chèque de 4000$.

Au cours de cette semaine d’Imagine Cup, j’ai pu discuter avec différentes personnes avec chacune leur vision de la compétition. Etudiants, mentor, juge, directeur d’école, staff de Microsoft,… les enjeux sont différents mais au final tous ont le même but : la passion !

J’ai adoré me glisser dans les répétitions des équipes, de voir que nos « petits jeunes » ont des superbes idées et une grande détermination pour aller jusqu’au bout de leur idée. Vous êtes étudiants, vous aimez les challenges, vous voulez vivre une expérience humaine exceptionnelle, alors participez vite à la prochaine Imagine Cup.